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  • 14.06.13 Actualités >> Politique Nationale
     

    Après les législatives et l'élimination de son ami François Bayrou, Jean Lassalle,l'un des deux derniers députés MoDem, a senti "s'accroître le décalage entre le peuple et ses représentants". "La réalité est difficile à percevoir depuis les bancs de l'Assemblée et même dans ma circonscription où dans les discussions avec les proches", constate-t-il.

    Après deux mois de marche sur les routes de France à la rencontre des habitants, le député MoDem Jean Lassalle lance un cri d'alarme sur la rupture de la confiance entre les Français et les hommes politiques.

    "Neuf personnes sur dix me disent: ça va péter. Et encore, j'ai du mal à trouver la dixième. On nous déteste, nous les politiques, on n'a plus confiance en nous. Alors, tout y passe: les affaires, le mariage gay... l'actualité. Mais l'on sent que le rejet est plus profond, c'est un rejet total", assure à l'AFP l'élu béarnais.

    "Je ne suis pas un oiseau tombé du nid. Depuis 1977 j'ai occupé tous les mandats locaux que l'on peut avoir, dit-il, et pourtant, je me rend compte que la réalité de notre pays est pire que ce que j'avais imaginé".

    Depuis deux mois, le député arpente à pied les routes à l'écoute des Français. Venu de la région de Verdun, après 1.300 kilomètres de marche, il est revenu vendredi à Paris pour quatre jours afin de rendre compte des paroles des Français qu'il a croisés. "Plus d'une centaine chaque jour".

    Après les législatives et l'élimination de son ami François Bayrou, Jean Lassalle,l'un des deux derniers députés MoDem, a senti "s'accroître le décalage entre le peuple et ses représentants". "La réalité est difficile à percevoir depuis les bancs de l'Assemblée et même dans ma circonscription où dans les discussions avec les proches", constate-t-il.

    Alors, en costume cravate, béret sur la tête et sac à dos, il est parti à la rencontre de cette France qui lui échappait et lui donner la parole.

    "Résignation"

    "Les gens que je rencontre, c'est Monsieur tout le monde. Et, à ma grande surprise, ils ne sont pas étonnés par ma démarche, assure-t-il, c'est comme si, ils me disaient: on pensait bien qu'il y en aurait un, un jour, qui viendrait nous voir en dehors des campagnes électorales".

    "Une phrase revient tous les jours. Ne déformez pas ce que nous vous avons dit, dites-leur qu'on n'en peut plus, que la cocotte minute va exploser, qu'on n'a plus aucune confiance en vous, les politiques", résume l'élu de sa voix rocailleuse. "Seuls les maires sont épargnés parce qu'on les connaît et qu'on peut les engueuler tous les jours", ajoute-t-il.

    "Autre rejet que je n'avais pas identifié à ce point: l'Europe", souligne l'élu. "On n'a pas cru le peuple assez compétent pour construire ce grand projet qui n'était pas de leur niveau. Le non au référendum sur la constitution que Sarkozy a fait ensuite adopté par le parlement a été vécu comme une trahison", poursuit-il."Et puis, ces questions récurrentes, comment a-t-on pu laisser tomber notre agriculture, notre industrie sans que personne ne s'y oppose?", ajoute Jean Lassalle en évoquant "un sentiment d'abandon et de colère".

    "Dans le monde rural, habitué aux grandes manifestations, au dialogue fort, on sent aujourd'hui de la résignation (...) Même chose dans l'industrie où le seul objectif, c'est d'essayer de négocier au mieux la prime la plus élevée du plan social".

    "Par dessus tout cela, il y a la question de l'identité. On ne sait plus si on est Lorrain, Français, Européen, Mondiaux. On n'a plus idée de qui on est et de qui nous dirige. Vous parlez du peuple M. le Député, mais de quel peuple? On n'est qu'un troupeau de gens éparpillés aux quatre vents", rapporte l'élu.

    "Je crois qu'on n'a pas tout examiné pour s'en sortir. Exprimez-vous!", encourage-t-il en donnant l'adresse de son site (www.ledeputequimarche.fr) où il a initié des "Cahiers de l'espoir" pour collecter les attentes et revendications, sur le modèle des cahiers de doléances de l'ancien régime.

  • 13.06.13 Actualités >> Politique Nationale
     Bayrou: «L'État a approuvé»

    François Bayrou
    , président du Modem, a estimé aujourd'hui que dans l'affaire Tapie/Crédit lyonnais il n'y a selon lui aucun doute qu'"un accord, une approbation, a été donné" à l'époque "au sommet de l'Etat".

    "C'est une affaire d'Etat, organisée contre l'Etat par l'Etat. L'Etat, le contribuable, a été spolié de plusieurs centaines de millions d'euros, sans qu'il y ait de cause, de raison juridique, pour le faire", a-t-il déclaré sur France2, après la mise en examen du patron du PDG d'Orange, Stéphane Richard, pour "escroquerie en bande organisée". 

    "Ca a été organisé, et c'est cette organisation sans précédent au coeur de l'Etat qui est aujourd'hui visée", a poursuivi le président du Modem, en soulignant qu'il ne s'agit pour l'instant que d'une mise en examen de l'ancien directeur de cabinet de Christine Lagarde, à l'époque ministre de l'Economie sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy.

    Il y a, selon lui, "une chose sur laquelle il ne peut pas y avoir de doute: en Ve République, quand il s'agit d'une affaire aussi grave, qui a donné lieu à polémique, pour plusieurs centaines de millions d'euros pris dans la poche du contribuables français, il faut qu'un accord, une approbation, ait été donné au sommet de l'Etat".

    "Si je ne connais pas le mobile de cette affaire, je connais la cause", a-t-il déclaré à propos des mobiles qui ont conduit le tribunal arbitral a octroyer en juillet 2008 à Bernard Tapie 403 millions d'euros, intérêts compris, pour mettre fin au différend entre les deux parties né de la vente d'Adidas. 

    "La cause, c'est qu'en France nous avons une organisation de l'Etat qui fait que tous les pouvoirs sont dans les mêmes mains, que la décision d'un seul suffit à s'imposer à tous, que le Parlement n'a même pas été consulté", a-t-il poursuivi. Selon François Bayrou, "tant qu'on aura un pays organisé de telle manière, qu'il n'y ait pas de contrôle, de vraie séparation des pouvoirs", "on aura des risques d'affaire de cet ordre".
  • 17.05.13 Actualités >> Politique locale
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    3èmes MARDIS DÉMOCRATES du GARD
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    Le Président Philippe BERTA et son équipe vous convient à notre 3ème Mardi Démocrate mensuel de Mai qui aura lieu à
     
     
    "L'Ever'In", 1, Place Séverine - Allées Jean Jaurès à NÎMES
     
     
    le MARDI 21 MAI à 18h30
     
     
    Les prochaines échéances électorales approchent à grand pas, des contacts se nouent, et ce dans un contexte national où les incertitudes s'additionnent face aux inquiétudes que tous traversent.
     
    Le Président BERTA fera le point de la situation (qui ne cesse d'évoluer), notamment sur les municipales, dans 9 mois seulement.
     
    Nous comptons donc sur votre présence et votre participation aux projets que nous bâtirons ensemble.
     
    Cordialement vôtre.

    Mouvement Démocrate du GARD

  • 28.04.13 Actualités >> Politique Nationale
     Les Français plébiscitent l’union nationale… et Bayrou
    François Bayrou et François HollandeParu dans leJDD
     

    François Bayrou et François Hollande, en décembre dernier à l'Elysée. (Reuters)

    Alors que l'Italie est pilotée depuis samedi soir par un gouvernement d'union nationale, les Français imaginent à leur tour une telle hypothèse. Selon le sondage Ifop réalisé pour le JDD à paraître dimanche, 78% des sondés sont favorables à la mise en place par François Hollande d'un tel exécutif. "Alors que, paradoxalement, le clivage droite-gauche n'a jamais été aussi électrique", remarque Frédéric Dabi, directeur général adjoint de l'Ifop.

    Les Français réclament donc l'union et certaines personnalités pour la réaliser. Interrogés sur les responsables politiques qu'ils souhaiteraient voir entrer au gouvernement, au cas où François Hollande déciderait d'un remaniement, les sondés plébiscitent un nom en particulier : François Bayrou, réclamé par 47% d'entre eux.

  • 21.04.13 Actualités >> Politique Nationale
     

    Bayrou: «Une vague de déstabilisation et de division est en cours»


    Le président du MoDem,
     François Bayrou, s'est alarmé dimanche «d'une vague de déstabilisation et de division en cours» actuellement, qui est «le symptôme de plus du malaise de la société française».

    «Il y a une vague de déstabilisation et de division en cours», qui est «le symptôme de plus du malaise de la société française», a déclaré François Bayrou, lors de «12/13 Dimanche» sur France 3. Interrogé sur sa proposition d'un gouvernement «d'union nationale», le leader centriste a répondu que «la condition» à cela, c'était «qu'il y ait une politique clairement définie sur ce que nous allons faire pour que le pays retrouve l'énergie dont il manque».

    «L'unité nationale, a-t-il insisté, vient après la fixation de la politique à suivre.» Pour lui, «ce qui manque aujourd'hui, c'est la fixation d'une politique - les gens ne comprennent rien à ce que les pouvoirs successifs disent, ils ne savent pas où on va». «Tant qu'on n'aura pas des gouvernants qui parlent clairs et assument et dont on sache où ils vont», cela n'ira pas, selon lui.

    Questionné sur le chef de l'Etat, il a jugé que «François Hollande traduit par ses silences les hésitations de sa majorité et de son parti».

    Comme on lui demandait si une réédition du 21-avril était possible, il a répondu: «Oui, cela peut se reproduire.» Il a prévenu que si les extrêmes, «extrême droite ou extrême gauche», l'emportaient, alors ce serait «le chaos que nous paierons de larmes». Il n'y a «pas de solution dans les extrêmes (...) cela nous conduira à la catastrophe». François Bayrou a dénoncé ainsi les propositions de la présidente du Front national, Marine Le Pen.

    © 2013 AFP
  • 15.04.13 Actualités >> Politique Nationale
     Excellente tribune de François Bayrou dans Marianne....A lire et faire lire ! "(...) il faut un texte qui ne soit pas de circonstance mais de vision pour que soit atteint l'objectif: un rétablissement de la confiance des citoyens à l'égard de leur démocratie et de leurs élus (...)il faut donc des décisions assez vigoureuses pour que les citoyens comprennent qu'on change d'époque, de pratique et qu'on tourne réellement la page" (...). Christine Espert.
  • 15.04.13 Actualités >> Politique Nationale
     Bayrou s'alarme du "tournant" du PS

    Le Parti socialiste a amorcé un tournant en se rangeant derrière son aile gauche, qui réclame une rupture avec la rigueur et des politiques de relance, estime le dirigeant du MoDem François Bayrou dans une tribune publié aujourd'hui par Le Monde.

    Après trois ministres, trente députés réunis au sein d'un nouveau courant, Gauche populaire, ont lancé un appel "contre l'austérité qui conduit aux populismes", réclamant une confrontation avec la chancelière allemande Angela Merkel. 

    Le conseil national du Parti socialiste, qui s'est tenu samedi dernier à Paris, a vu le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, refuser tout changement de cap économique. 
    Mais le PS dans son ensemble s'est engagé à lutter contre les politiques d'austérité qui seraient voulues par les conservateurs au pouvoir en Europe. 

    Pour François Bayrou, il s'agit d'un "tournant qui devrait être pour tous les réformistes, particulièrement pour le président de la République s'il demeure attaché à ce cap, une alerte rouge". 

    "Sous la pression de son aile gauche, elle-même menacée par le courant (de Jean-Luc) Mélenchon, les dirigeants du PS, sans que nul ou presque s'en aperçoive, ont accepté samedi de se ranger à l'argument principal de ceux qui, de l'intérieur, combattent leur politique", écrit-il dans sa tribune. 

    Le dirigeant centriste estime que le PS a utilisé une "grosse ficelle" pour coller à son aile gauche. 

    "Puisqu'il ne fallait pas paraître contester, sur le plan intérieur, la politique de 'sérieux budgétaire', on a choisi de la mettre en cause par l'Europe : en présentant les choses comme si ce 'sérieux' nous était imposé par l'Union, comme si nous en étions les victimes", explique-t-il. 

    Dans cette manoeuvre, selon lui, Angela Merkel et son gouvernement conservateur, ainsi que l'UE, sont présentés par le Parti socialiste comme les seuls responsables de la situation de la France et des autres pays en crise de la zone euro. 

    Or, souligne François Bayrou, la France doit réduire son déficit et sa dette, redresser son commerce extérieur, retrouver le chemin de la croissance et faire baisser le chômage non pas sur ordre de l'Allemagne mais parce qu'elle y est obligée. 

    "François Hollande devrait réfléchir à ceci : si pour 's'arranger' avec ses contestataires, (...) il acceptait de déposer les armes de la pensée, de signer, même pour faire semblant, avec ceux qui refusent sa politique un armistice idéologique, en cessant de défendre ses fondamentaux, c'est son quinquennat qu'il sacrifierait et l'échec, je le crains, deviendrait certain", conclut-il. 
  • 09.04.13 Actualités >> Politique Nationale

    MODEM du GARD

    Nîmes, le Mardi 9 Avril 2013

     

    Appel à un référendum de moralisation de la vie publique : 46.000 signataires en 4 jours

     

    Les militants et responsables du Mouvement Démocrate du Gard ont relayé ce week-end l'appel de François Bayrou à un référendum de moralisation de la vie publique, lors d'une vaste campagne via les réseaux sociaux ou des tractages. D'autres actions sont à suivre.

     

    Le scandale Cahuzac, après tant d'autres scandales, a profondément choqué le pays. Dans une situation aussi grave, le président de la République et le gouvernement ont le devoir de réagir. C'est pourquoi François Bayrou a lancé un appel citoyen pour exiger un référendum de moralisation de la vie publique.

     

    Les militants du Mouvement Démocrate du Gard ont relayé cet appel ce week-end, lors d'une vaste campagne de mobilisation. Au cœur de leurs revendications, cinq mesures trop longtemps reportées par nos gouvernants alors qu'elles recueillent un large consensus auprès de nos citoyens :


    -       Mettre fin au mélange des intérêts financiers et politiques ;

    -       Interdire le cumul des mandats dès les élections de 2014 ;

    -       Réduire le nombre de parlementaires ;

    -      Permettre la représentation de toutes les opinions, par l'introduction d'une dose de

    proportionnelle aux élections ;

    -       Renforcer le contrôle du financement des partis politiques.

     

    Les premiers résultats sont là : en 4 jours, 46.000 citoyens ont signé cet appel sur le site internet http://www.moralisation.fr. Chaque heure, des dizaines de nouveaux signataires sont comptabilisés. Le Mouvement Démocrate du Gard poursuivra ses actions tout au long de la semaine.

     

    Contact : BERTA Philippe, Président Modem Gard, Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. , 06 09 16 60 83

  • 03.04.13 Actualités >> Politique Nationale
     

    Affaire Cahuzac : Bayrou lance une pétition

    Par Europe1.fr

    Publié le 3 avril 2013 à 17h58

    François Bayrou, le président du MoDem a mis en ligne mercredi une pétition demandant une moralisation "urgente de la vie politique", au lendemain des aveux de Jérôme Cahuzac. "Nous appelons à une nouvelle nuit du 4 août, pour abolir un certain nombre des privilèges parmi les plus exorbitants du droit", indique le texte.

    La pétition est adressée au président de la République. "Nous vous demandons d'avoir le courage de vous tourner vers le peuple pour qu’il exprime par référendum sa volonté de mettre un terme aux dérives qui l’indignent chaque jour davantage.Ce référendum doit avoir pour objet la loi générale de moralisation que le pays attend, à laquelle il ne croit plus, mais qui est possible", selon le texte de la pétition.

  • 29.03.13 Actualités >> Politique Nationale

    Bayrou: « Si François Hollande maintient son cap... »

    | Par Marine Turchi

     

    « On avait l'impression d'entendre du Bayrou », glisse-t-on dans l'entourage du président du MoDem. Jeudi soir, sur France 2, c'est d'ailleurs à lui que s'est adressé François Hollande. En expliquant qu'il n'est « plus président socialiste » mais désormais « président de tous les français, président de la France », en ne citant ni son premier ministre, ni le PS, ni ses alliés, en parlant de « rassemblement », en multipliant les signes aux chefs d'entreprise, le chef de l'Etat a fait un pas supplémentaire en direction de François Bayrou.

    En novembre déjà, lors de sa première conférence de presse, Hollande avait mis en avant plusieurs priorités économiques du centriste (nécessité du désendettement, pacte de compétitivité). Le président du MoDem s'était « réjoui » de cette prestation et de « la politique de l'“offre” » mise en place par le gouvernement, centrée sur l'aide aux entreprises. « Si c’est cette la ligne que (Hollande) choisit et qui s’impose en priorité à toutes les autres, alors la France a une chance de s’en sortir », avait expliqué Bayrou dans un entretien à Mediapart, fin février. Tout en soulignant qu'il ne rentrerait pas dans un gouvernement avec lequel il est « en désaccord profond ».

    Après l'intervention de jeudi, le leader du MoDem apparaît plus que jamais compatible avec François Hollande. Une convergence est-elle en train de se dessiner? Entretien.

    © Reuters

    Mediapart: Il y a un mois, vous nous expliquiez que François Hollande avait choisi, lors de sa première conférence de presse, en novembre, « un cap » « en phase » avec vos priorités, mais vous regrettiez qu'il y ait encore, au sein de la majorité et du gouvernement, « deux lignes opposées ». Il semble avoir fait son choix...

    François Bayrou: Comme depuis plusieurs mois, les intentions exprimées vont dans le bon sens. Croissance, soutien à l’innovation, politique sociale-démocrate de l’offre : dans le livre que je viens de publier (De la vérité en politique, Plon, Ndlr), j’ai écrit qu’il n’y avait pas d’autre choix, pour tout gouvernement, de toute inspiration, sauf à choisir l’aventure de la sortie de l’euro. J’approuve par exemple totalement ce qui a été dit hier sur l’allègement de la fiscalité sur les transmissions et les cessions d'entreprises en France. Mais je n’ai pas eu l’impression d’un plan puissant d’ensemble qui concentre les forces du pays autour de cet impératif de soutien aux entrepreneurs, aux créateurs, aux chercheurs, aux innovateurs. J’ai plutôt eu l’impression de mesures déclinées en une longue énumération, qui donnait un sentiment de dispersion, de fouillis.

    Mais pour François Hollande, « les outils sont là ».

    Je suis en désaccord profond avec l’idée que la « boîte à outils » est complète, que ça y est, nous avons tous les outils nécessaires, et qu’il suffit de les mettre en oeuvre. Je ne crois pas que le crédit d’impôt compétitivité-emploi soit vraiment efficace pour la création d’emplois, ni d’ailleurs, (en cela je suis minoritaire), que le coût du travail soit l’explication principale des difficultés de l’emploi, ni que les emplois d’avenir aident puissamment à sauver la situation des jeunes, ni encore que les contrats de génération réussissent à faire naître des centaines de milliers d’emplois. Pour moi, l’urgence est de sécuriser la situation juridique, sociale, psychologique des créateurs d’emplois et de richesse, des entrepreneurs et des innovateurs, de ceux qui signent les contrats de travail. Aujourd’hui cette catégorie, absolument précieuse dans la bataille que doit mener le pays, se sent dans l’insécurité, elle a le sentiment qu’elle est ciblée plus qu’aidée.

    Jeudi soir, François Hollande s’est pourtant adressé à plusieurs reprises aux chefs d’entreprise, aux décideurs économiques, bien loin de son discours du Bourget, en janvier 2012?

    Encore heureux ! Cela prouve que les idées justes progressent. Et je vous le dis : il n’y a pas d’autre option politique. On aurait d’ailleurs mieux aimé qu’il n’y ait pas cette mise en scène idéologique au Bourget, qui d’une part a nui à l’esprit de la France entrepreneuriale, et qui d’autre part a déçu ceux qui ont cru à l’authenticité d’un projet “de gauche”, à la force de l’idéologie anti-finances, par exemple. 

    La majorité réformiste «existe» mais elle est «dispersée»

    Mais l’annonce d’un « choc de simplification » administrative, qui doit notamment réduire les démarches administratives des entreprises, doit vous satisfaire?

    Oui, cela est absolument nécessaire. Sur France 2, dans l’émission de Laurent Ruquier, j’avais plaidé pour une telle simplification en montrant le code du travail suisse et le code du travail français. Mais pour l’instant, nous sommes encore dans le domaine des intentions. S’il y a une action réelle de simplification des codes, des normes, des contrôles, de tout ce qui est paralysant de la vie du pays entrepreneurial – et qui est par ailleurs sans fruit pour les salariés –, alors ce sera profitable.

    La logique ne veut-elle pas que François Hollande change de majorité et installe une majorité réformiste?

    La France a besoin, quelles que soient les étiquettes, d’une politique réformiste, soutien de l’innovation, de la recherche, de la production. Cette politique a besoin d’une majorité, la majorité existe, mais elle est dispersée entre des camps différents et antagonistes. Si l’on veut que cette majorité se réalise un jour, il y a une nécessité: changer les règles nuisibles du jeu politique français. C’est pourquoi la moralisation de la vie publique, la question du cumul des mandats – traitée hier, disons la vérité, par-dessus la jambe –, la diminution du nombre de députés, de sénateurs, la question d’un mode de scrutin juste: tout cela est la condition nécessaire – pas suffisante –, d’un renouveau de la vie publique en France qui puisse permettre de soutenir la politique qu’il faut pour le pays. 

    Pour l’instant, la vie politique est artificiellement divisée en deux camps, gauche - droite, qui, à  l’intérieur d’eux-mêmes, ne sont plus d’accord sur rien. Il y a un désaccord fondamental entre le gouvernement et, non pas seulement le Front de Gauche, mais aussi une partie substantielle du tissu socialiste français. On observe la même chose à droite, la montée du Front national montre que, dans les deux camps, des ruptures se préparent.

    Vous dites que cette majorité réformiste « existe », mais qu’elle est « dispersée ». Si des gages sont donnés par François Hollande sur les points que vous évoquez…

    …si vous voulez me tirer vers l’idée que je serais en train, subrepticement, d’avoir des arrière-pensées et de préparer des manœuvres vers des coalitions dans lesquelles je pourrais jouer un rôle, ôtez-vous cela de l’esprit. Ma réponse est non. La condition pour qu’un tel débat avance dans l’esprit public, c'est que ce ne soit en aucun cas une démarche politicienne, ou d’ambitions personnelles. J’exprime non pas une envie, mais une nécessité pour le pays, une nécessité que je continuerai à soutenir dans mes attitudes et mes actions.

    Mais cette majorité réformiste, si elle est mise en place, devra être conduite par un premier ministre...

    Si François Hollande maintient son cap, s’il arrive à dessiner cette politique dont je suis certain qu’elle est nécessaire, ce jour-là un tournant politique interviendra, avec de lourdes conséquences politiques, comme cela s’est produit en 2004 en Allemagne. Mais je ne suis à l’affût ou à la recherche d’aucun intérêt, ce n’est pas mon état d’esprit, je ne suis engagé dans aucune manoeuvre, cela pollue la réflexion qu’il faut mener.

    François Hollande n’a cité ni le PS, ni ses alliés, ni son premier ministre Jean-Marc Ayrault, il a expliqué qu’il n’était « plus président socialiste » et a multiplié les « je ». Cette posture de président au-dessus des partis rejoint votre vision.

    C’est une conception de la fonction que j’ai réclamée et dont je considère qu’elle est la seule possible pour l’avenir du pays. Car les changements et la réorientation nécessaires ne peuvent se faire que si l’on fait reculer l’esprit partisan et les habitudes sectaires du pays. Le président de la République est le président de tous les Français. Encore faut-il qu’il le montre dans les faits, par exemple dans les nominations, et pour l’instant, le moins que l’on puisse dire c’est que l’on n’y est pas.

    De nombreuses dispositions, pourtant promises par le candidat socialiste, ont disparu de la réforme constitutionnelle, comme le droit de vote des étrangers ou le statut pénal du chef de l’État?

    La réforme constitutionnelle est a minima, et elle ne prend pas en compte un certain nombre de promesses faites et d’attentes. Mais toutes n’étaient pas essentielles : j’ai toujours été extrêmement réservé sur la réforme du statut pénal du chef de l’Etat, parce que, à l’occasion d’une mise en cause judiciaire éventuelle, le risque de pressions médiatiques et de l’opinion est élevé, et cela peut empoisonner le mandat. En revanche, la réforme comporte un point-clé, plus important: la suppression de la Cour de Justice de la République (CJR – seule habilitée jusqu’ici à poursuivre et à juger les ministres pour des délits commis dans l’exercice de leurs fonctions, Ndlr). Il est anormal qu’un ministre soit jugé par les parlementaires, la collusion d’intérêts est énorme. Je suis donc satisfait que sa suppression figure dans la réforme. 

    Vous vous présentez comme l'héritier d'une famille politique qui comprend notamment Jacques Delors. L'intervention de François Hollande était justement assez proche de celles du club "Témoin" (le club de Delors, regroupant intellectuels et politiques, sous la houlette d'Hollande)?

    Oui, c’est le grand courant social-réformiste français, qui comporte plusieurs personnalités. Vous avez entendu hier la réaction d’Alain Juppé, il était très mesuré. Il y a nombre de citoyens et de responsables politiques qui, en France, partagent ces valeurs-là. Encore faut-il qu’ils puissent un jour se mettre en harmonie, et non en affrontement stérile.

     

  • 13.03.13 Actualités >> Politique Nationale
     Article paru sur le site myboox.fr:

    De la vérité en politique - François Bayrou

    François Bayrou prône la vérité en politique dans son nouveau livre

    13/03/2013

    Discret dans le paysage politique, François Bayrou revient en librairie ce 14 mars avec De la vérité en politique (Plon), ouvrage qu’il a présenté au micro de Patrick Cohen sur France Inter. 

    Pour François Bayrou"le mensonge gouverne depuis trop longtemps". Dans son dernier livre à paraître chez Plon le 14 mars, il disserte De la vérité en politique. Une éthique dont il est venu parler au micro de Patrick Cohen sur France Inter"La vérité dite au peuple est la clé de tout redressement" clame dans ces pages le président du MODEM persuadé d'avoir échoué à la présidentielle en 2012 parce que les Français n’étaient pas prêts à l'entendre.
     

    "On entretient les illusions auprès des Français"


    Mais "il n’y aurait qu’une seule vérité sur la situation du pays ?" s’enquiert Patrick Cohen. "Il n’y a qu’une seule vérité des faits. Et d’ailleurs, les Français sont en train de le découvrir aujourd’hui. Songez à ce qu’on avait annoncé aux Français il y a dix mois à peine. On allait retrouver la croissance (…) c’était l’assurance et de Nicolas Sarkozy et de François Hollande et aujourd’hui tombent en cascade les nouvelles les plus inquiétantes qui sont le dévoilement de la vérité. (…) C’est parce qu’on a entretenu ces illusions auprès des Français qu’on a été incapables de prendre conscience de la nécessité des réformes", explique l’homme providentiel de 2007.


    Contre "la surenchère démagogique"


    Dans un constat catastrophiste, l'ancien maire de Pau parle en effet d’un "crash au ralenti". Mais la situation est-elle si grave ? Il y a une "vraie décomposition du tissu de la nation" pour François Bayrou. "Il y a pour moi une politique pour s’en sortir, c’est le soutien déterminé, volontaire, fédérateur à l’entreprise, la recherche, la production, ce que je disais déjà pendant la campagne et ce que ne fait pas le gouvernement parce que ça n’est pas énoncé clairement. (…) La vie politique bipolarisée – les uns tout pour, les autres tout contre – nous empêchent de faire les réformes et personne n’accepte de regarder en face la nécessité commune que nous avons de quelque bord que nous soyons de rebâtir le pays. (…) Le pluralisme n’a pas droit de cité donc la vérité ne peut pas se faire entendre", poursuit-il.


    Dans les pas de Mendès-France et Blum


    "Il y a un courant qui traverse la vie politique française qui veut appuyer le changement du pays la réforme nécessaire sur la vérité dite au citoyen malheureusement, il arrive souvent qu’on le dise avant et qu’on ne le fasse pas après". Ainsi le président du Modem entend-il avec ce livre marcher dans les pas de certains de ses prédécesseurs comme Pierre Mendès-France, Raymond Barre ou Léon Blum qu'il cite en ouverture de son ouvrage : "Je ne dirais aux Français que ce que je crois vrai ce qui est facile, je dirai tout ce que je crois vrai, ce qui est plus difficile au risque de leur déplaire, au risque de les choquer, au risque même d’apparaître en désaccord avec tel ou tel de mes compagnons".

    N.S 
  • 13.03.13 Actualités >> Politique Nationale
     

    Bayrou dénonce les institutions politiques

    AFP Publié 
  • 13.03.13 Actualités >> Politique Nationale

    Bayrou sur Sarkozy: un responsable politique ne peut dépendre d'un pays étranger


    François Bayrou a appelé mercredi Nicolas Sarkozy à "s'interroger" avant d'éventuellement s'engager dans la gestion d'un fonds qatari, estimant, au nom de la "morale d'Etat", qu'un "responsable politique" de son rang et avec ses ambitions, ne peut "dépendre d'un pays étranger".

    François Bayrou a appelé mercredi Nicolas Sarkozy à "s'interroger" avant d'éventuellement s'engager dans la gestion d'un fonds qatari, estimant, au nom de la "morale d'Etat", qu'un "responsable politique" de son rang et avec ses ambitions, ne peut "dépendre d'un pays étranger".

    Selon le Financial Times, l'ancien président français aurait été sollicité par le Qatar pour prendre la tête d'un fonds souverain de 500 millions d'euros destiné à des investissements dans des pays émergents. L'entourage de Nicolas Sarkozy n'a ni confirmé ni démenti cette information, expliquant simplement que l'ancien chef de l'Etat "reçoit régulièrement des propositions, mais ne s'est engagé dans aucune".

    Il faut s'exprimer "avec prudence sur cette affaire" mais "quelqu'un qui a exercé les responsabilités qui ont été celles de Nicolas Sarkozy et qu'il vise à exercer encore, selon moi, ça n'est pas dans la gestion d'un fonds souverain et dans les questions d'argent qu'il peut s'investir", a expliqué le patron du MoDem sur France Inter.

    Et "surtout, a-t-il ajouté, quand il devient par ce mécanisme, l'obligé d'un pays étranger qui a une stratégie d'Etat d'implantation en France et, peut-être en Europe par la France et que, d'autre part, ce pays est lié à des mouvements fondamentalistes dans le monde".

    "Il y a là, et je pense qu'il faut le dire avec beaucoup de responsabilité, une question devant laquelle Nicolas Sarkozy, en raison des fonctions qu'il a exercées et en raison de sa place au Conseil constitutionnel, devrait à mon avis s'interroger", a-t-il dit.

    Pour le leader centriste, cette question ne relève pas "de la morale individuelle", il s'agit de "morale d'Etat".

    "On ne peut pas, quand on est un responsable politique français, être dépendant d'un pays étranger", dit-il. "Personne ne le dit, mais il s'agit d'une grande question civique et nationale", a-t-il jugé.

  • 27.02.13 Actualités >> Politique Nationale
    Bayrou réclame "une politique d'urgence" face à la hausse du chômage

    François Bayrou (MoDem) a appelé le gouvernement à mettre en place "une politique d'urgence" après l'annonce d'une nouvelle hausse en janvier du nombre de chômeurs, estimant nécessaires des "mesures radicales" pour favoriser "la création de richesses et d'emplois".

    François Bayrou (MoDem) a appelé le gouvernement à mettre en place "une politique d'urgence" après l'annonce d'une nouvelle hausse en janvier du nombre de chômeurs, estimant nécessaires des "mesures radicales" pour favoriser "la création de richesses et d'emplois".

    François Bayrou (MoDem) a appelé le gouvernement à mettre en place "une politique d'urgence" après l'annonce d'une nouvelle hausse en janvier du nombre de chômeurs, estimant nécessaires des "mesures radicales" pour favoriser "la création de richesses et d'emplois".

    "Cela fait presque deux ans que les chiffres du chômage montent comme une marée et cela fait autant de drames dans des millions de familles. Et tout cela devrait entraîner une prise de conscience déterminée et vigoureuse dans la société française", a expliqué le président du MoDem et ex-candidat à l'Elysée en marge d'une visite du salon de l'Agriculture.

    "Ce qui est frappant c'est qu'on a l'impression qu'on continue perpétuellement avec les mêmes remèdes qui sont assez souvent comme des emplâtres sur une jambe de bois. On a des solutions tièdes, mitigées alors qu'il faudrait une prise de conscience des raisons pour lesquelles la France est, de tous les pays européens depuis dix ans, celui dans lequel l'entreprise, la création de richesses et d'emplois est le plus en crise", a-t-il ajouté en citant les mauvais chiffres du commerce extérieur français.

    "Je ne crois pas qu'on s'en tirera par une politique à la petite semaine, par des adaptations marginales", a-t-il lancé, en souhaitant "l'entrée vigoureuse dans un nouveau chapitre de notre action politique, ce que j'appelle une politique de l'urgence".

    "Si j'étais aux affaires, je mettrais en phase toutes les possibilités qu'a un pays comme le nôtre de soutenir ceux qui créent de l'activité. Tant qu'on ne résoudra pas la question de ce que j'avais appelé le +produire en France+, on sera dans des politiques habituelles qui n'ont pas apporté de réponses à cette question cruciale", a-t-il fait valoir.

    Interrogé sur les mesures à mettre en place, le leader centriste a évacué la question de la baisse des charges.

    "Pour moi, la question des charges n'est pas essentielle parce que les charges il faut bien qu'on les paye. Alors on les fait payer par le consommateur, le salarié ou le retraité mais au bout du compte c'est le même portefeuille, celui des Français", a-t-il constaté.

    "Je suis persuadé qu'il faut des mesures radicales mais à une condition. Les décisions à prendre sont toutes celles qui facilitent l'activité, et celles à redouter celles qui baissent le pouvoir d'achat des salaires et des retraités", a-t-il encore fait valoir.

  • 03.02.13 Actualités >> Politique Nationale
     

    Quelle majorité pour François Hollande?

    Par , avec  et , publié le 

    Alors que la gauche peine à se réunir, certains votes au Parlement ne correspondent plus aux clivages habituels. Que peut le président face à la logique implacable de la Ve République ? 

    Quelle majorité pour François Hollande?

    POLITIQUE -

    t.schwarz/reuters

    La comparaison est signée de l'ancien ministre UMP Xavier Bertrand : "François Hollande est comme un pickpocket qui vous a volé votre portefeuille et finit par vous le rendre, avec vos papiers mais sans votre argent. Du coup, vous êtes presque soulagé. Avec ce président, vous ne vous attendez à rien ; il fait un tout petit peu, donc on se dit que c'est mieux que rien." L'opposition se mettrait-elle soudain à fléchir ? Certes, la droite s'est encore radicalisée depuis l'élection présidentielle, mais la voici qui modifie son regard sur le chef de l'Etat - guerre au Mali oblige - et son attitude au Parlement.  

    Le projet de loi sur le mariage homosexuel, débattu à partir du 29 janvier à l'Assemblée nationale, ne lui permettra pas de présenter un visage uni. Le texte sur les contrats de génération, l'une des mesures phares du candidat Hollande, a reçu, le 23 janvier, l'approbation de 5 députés UMP, 4 UDI, celle de Marion Maréchal-Le Pen, ainsi que l'abstention de 15 UMP et de 20 UDI.  

    Bientôt, la transposition législative de l'accord entre les partenaires sociaux sur le marché du travail recevra un accueil favorable de plusieurs élus UMP, comme Bruno Le Maire, Xavier Bertrand, Valérie Pécresse, Eric Woerth, voire Laurent Wauquiez. Ils avouent qu'ils pourraient voter ce texte, de même que l'ancien Premier ministreJean-Pierre Raffarin au Sénat. "Ce n'est pas un bon accord, c'est un très bon accord", reconnaît Jean-Louis Borloo. Quand sera présentée la loi interdisant tout cumul, d'autres y réfléchiront à deux fois. "Nos troupes sont à fond pour, il faudra peut-être la voter", prévient un ancien membre du gouvernement Fillon. Cela n'a rien à voir avec l'ouverture à la mode Sarkozy de 2007, cela rappelle parfois simplement les fameuses "majorités d'idées" d'Edgar Faure.  

    Dans le même temps, la majorité présidentielle bat de l'aile. De l'aile gauche, surtout. Jean-Luc Mélenchon veut réorganiser le paysage politique et incarner une alternative à la ligne sociale-démocrate de Jean-Marc Ayrault. Jamais avare de la moindre critique, l'ancien candidat à l'Elysée s'est fixé comme objectif de dépasser le Parti socialiste aux élections européennes de juin 2014 pour placer François Hollande au pied du mur.  

    "Il ne sortira jamais de sa boîte, c'est un malin", confie Mélenchon. Il ne resterait donc au leader du Parti de gauche que la méthode forte. Le Parti communiste vacille. Avec ses alliés socialistes, l'heure est à la défiance. Quand la délégation emmenée par Pierre Laurent a rencontré, en décembre, la nouvelle direction du PS autour d'Harlem Désir, elle a oublié de l'informer que, l'après-midi même, les sénateurs du PCF voteraient contre le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (l'un des tests pour l'appartenance ou pas à une majorité) au Sénat. L'attitude de plus en plus hostile des élus communistes au sein de la Chambre haute conduit d'ailleurs des membres de l'exécutif à souhaiter que la droite la reconquière, histoire de clarifier la situation. 

    Dans l'attente de leur congrès de l'automne, les Verts privilégient l'ambiguïté. "Nous attendons en 2013 les signes écologiques que nous n'avons pas vus en 2012", avertit Jean-Vincent Placé. Le pouvoir, de son côté, surveille certains lieux symboliques auxmunicipales de 2014 : que fera Europe Ecologie-les Verts à Nantes, ville chère au chef du gouvernement mais emblématique de la bataille autour de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes ? Une logique d'union, avec quelques exceptions, se dégagera-t-elle, ou sera-ce l'accord qui sera exception ? L'hésitation gagne jusqu'à l'intérieur du PS. "Le glissement actuel est une source de spleen parlementaire, relève un député. Le pacte de compétitivité a créé un effet de sidération, car nous avions fait la campagne sur une autre ligne."  

    L'opposition de la gauche du parti est traditionnelle lorsque les socialistes se trouvent confrontés à la gestion du réel, mais il n'y a plus, comme lors de la dernière expérience (1997-2002), la cohabitation avecun président de droite pour ressouder les troupes. "Il est vrai que la frontière passe à l'intérieur du PS, au moins ne passe-t-elle plus depuis quelques semaines au sein du gouvernement", relève un conseiller ministériel.  

    La réforme des législatives? Il est urgent d'attendre...

    Ce panorama devenu si mouvant donne de plus en plus l'impression que la majorité d'action ne correspond plus à la majorité électorale, au demeurant faible, qui s'est dégagée des urnes le 6 mai 2012. Mais que pèse ce constat face à la logique implacable de la Ve République, qui repose presque entièrement sur le scrutin majoritaire à deux tours des législatives ? Quand Jean-Luc Mélenchon fait des prochaines européennes l'alpha et l'oméga de la vie politique, il s'illusionne et il le sait - "Cette échéance constitue la seule opportunité, j'ai intérêt à la surestimer !" François Bayrou, tout à son envie de "trouver une majorité dans l'opinion publique" plus qu'au Parlement, concède néanmoins que tout passe par un changement de la loi électorale pour les députés. 

    L'enjeu est évidemment essentiel, et ce n'est pas un hasard si le texte n'est même pas programmé. Sans doute ne verra-t-il d'ailleurs pas le jour en 2013. Quelques socialistes ne cachent pas que, en l'état actuel des relations entre partenaires dans la majorité, il est urgent d'attendre. Le président dispose ainsi d'une "arme", et il n'en a pas beaucoup d'autres en main. Tenté, ainsi que l'a révélé Le Monde, de réduire parallèlement le nombre de députés, il ne renversera pas pour autant la table institutionnelle. L'esprit de la Ve République s'impose à lui. En 1988, quandFrançois Mitterrand et Michel Rocard avaient essayé d'ouvrir la majorité en débauchant des centristes, le député Hollande avait surtout observé l'étendue des dégâts : "Le gouvernement donnait beaucoup plus aux députés centristes ou d'outre-mer qu'à nous, socialistes, raconte-t-il dans La Décennie Mitterrand (1). J'ai ainsi découvert que Pierre Méhaignerie mais aussi le RPR Philippe Séguin engrangeaient d'énormes subventions, alors qu'on ne nous donnait rien, car notre vote était acquis. 

    "Aujourd'hui, le chef de l'Etat réfléchit à un taux d'environ 10% de proportionnelle pour les législatives, et ce n'est pas ainsi qu'il redéfinira fondamentalement les règles du jeu. Le référendum sur un sujet fédérateur qui permettrait de dégager une nouvelle majorité - c'est le rêve de François Bayrou - est une autre arme présidentielle, à la nuance près que celle-ci peut immédiatement se retourner contre celui qui l'utilise.  

    Confronté à cette quadrature du cercle, François Hollande ne pourra-t-il faire que du "hollandisme"? "Il mise sur une évolution de sa majorité, sans pour autant se lancer dans des changements d'alliance, avance l'un de ses conseillers. Il ira chercher des majorités sur des options économiques et sociales." Le PS ne réagit pas autrement, qui préconise l'unité à gauche comme seul fondamental et voit dans les majorités d'idées avec les centristes un avantage purement tactique, celui de montrer que "la droite qui s'oppose systématiquement à nos textes, elle, est sectaire". Construire des majorités empiriques est utile au chef de l'Etat ; bâtir une nouvelle majorité politique serait historique. 

 

 

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