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Bayrou appelle à une autre gouvernance face à la crise
François Bayrou, mercredi, lors d'une conférencede presseà Paris. Crédits photo : Sébastien SORIANO/Le Figaro
Le président du MoDem dénonce «la faute stratégique» de Nicolas Sarkozy sur l'euro.
François Bayrou aime jongler avec les temps. Son côté agrégé de lettres classiques. Alors, mercredi, pour la présentation de sa «méthode de gouvernance», si les Français l'élisaient en 2012, le président du MoDem a ressorti une vieille maxime pour parler de l'avenir: «Gouverner, c'est prévoir.» Content de sa trouvaille, il l'avait d'ailleurs fait inscrire en grosses lettres, façon slogan de campagne, derrière son pupitre.
Face à son micro, il l'assure: «C'est de n'avoir pas identifié nos manques et nos faiblesses, et donc de n'avoir rien entrepris de sérieux pour les corriger, que nous souffrons aujourd'hui.» S'il ne cite pas nommément Nicolas Sarkozy, François Bayrou précise que, dans son propos, «il s'agit bien ici de la France».
Or, a insisté le chef centriste, qui officialisera sa troisième candidature à l'Élysée le 7 décembre, «tout était prévisible». Le député du Béarn, qui avait fait de la lutte contre la dette son thème de campagne en 2007, ne se prive pas de le rappeler. «La crise de la dette de la France était prévisible», martèle-t-il. L'occasion de brocarder, cette fois, le gouvernement: «On nous annonce une nouvelle loi sur la délinquance des mineurs, la cinquième en cinq ans. Cette manière de gouverner, où la loi n'est que communication et dissimule l'impuissance à agir, c'est pour le citoyen ne plus rien entendre.» Et il enfonce le clou: «Des promesses, les Français en ont leur compte. Ils veulent du crédible, pas des annonces sans lendemain où l'on oublie ce que l'on avait dit la veille !»
Commissariat au plan
Face à l'action du chef de l'État pour résoudre la crise de la zone euro, François Bayrou n'est pas plus tendre. Et a dénoncé une «faute stratégique» de Nicolas Sarkozy, qui, selon lui, devrait faire valoir «plus clairement» la position de la France face aux réserves de l'Allemagne sur l'intervention de la Banque centrale européenne. «Je pense que Nicolas Sarkozy se trompe de cible, parce qu'il a peur que le parapluie allemand disparaisse au-dessus du triple A français. C'est tactique, pas stratégique», a-t-il critiqué.
Voilà pour la charge. Pour la méthode, et son «réhabiliter» le «gouverner, c'est prévoir», Bayrou a lancé son «agenda 2012-2020». Et a reconnu s'être inspiré de l'ancien chancelier social-démocrate allemand Gerhard Schröder, qui en 2003, avait présenté un «agenda 2010». «Il ne s'agit nullement d'imiter l'Allemagne. Mais nous allons partir du futur, des objectifs à huit années, pour en déduire l'action qu'il convient de proposer à un pays en état d'urgence», a-t-il développé.
Comme déjà exposé dans son livre 2012, État d'urgence (Plon), Bayrou se fixe pour objectif de refaire de la France «un pays productif» d'ici à 2020, où le commerce extérieur «redeviendrait excédentaire», avec une baisse «jusqu'à 5 %» du chômage, la reconquête de grands secteurs de production «aujourd'hui abandonnés». Il suggère aussi la création d'un «Commissariat au plan refondé».
Mais François Bayrou renvoie dos à dos droite et gauche, selon lui, coupables de «l'immense dette accumulée pendant les trois décennies d'incurie, de légèreté coupable, 1981-2011». Pas plus que Nicolas Sarkozy, François Hollande ne trouve grâce à ses yeux, car «prisonnier d'un programme et d'alliances qui ne peuvent pas répondre aux difficultés du pays». Il affirme qu'il joue sa qualification au second tour, celle du «candidat crédible». «Si on choisit l'alternance classique, droite gauche comme en Espagne, ça ne changera rien», dit-il, avant d'appeler à «un esprit d'union nationale, qui irait de la droite républicaine, du centre jusqu'à la gauche réformiste». Mais, «comme nous ne sommes pas en temps de guerre, dans union nationale, je ne mets pas les extrêmes», a-t-il ajouté.
François Bayrou critique la politique européenne du "condominium" franco-allemand
LEMONDE.FR | 30.11.11 | 15h41 • Mis à jour le 30.11.11 | 17h16

Le président du MoDem doit officialiser sa candidature à l'élection présidentielle, le 7 décembre. AFP/FRED DUFOUR
François Bayrou s'est livré, mercredi 30 novembre, à une vive critique de la politique menée par Nicolas Sarkozy sur la scène européenne pour tenter derésorber la crise des dettes souveraines des pays de la zone euro. Critiquant le"condominium" franco-allemand, le président du MoDem, qui doit officialiser sa candidature à l'élection présidentielle lors d'un discours à la Maison de la chimie, à Paris, le 7 décembre, estime que M. Sarkozy "se trompe de stratégie". M. Bayrou présentait, mercredi, son "agenda 2012-2020", sorte de cadre politique pouratteindre les objectifs qu'il estime nécessaires au "redressement de la France".
Le député béarnais, qui trace une voie de sortie de crise en cinq points – "sécuriser la dette des Etats de la zone euro" grâce à "l'engagement de la Banque centrale européenne" ; "garantir le refinancement de la dette des Etats en difficultés à des taux raisonnables" ; "négocier en échange avec ces Etats les décisions nécessaires pour leur redressement" ; modifier les institutions européennes avec notamment "l'élection d'un président, un jour au suffrage universel" ; et retrouver"les principes de la méthode communautaire" où "les minorités sont respectées" –, critique M. Sarkozy plus sur la forme que sur le fond.
"LARMES DE SANG"
"J'ai dit à Nicolas Sarkozy, lorsque je l'ai rencontré, que je ne comprenais pas pourquoi il laissait le pays et son opinion publique dans l'ignorance de ce qu'était la proposition réelle de la France. Charles de Gaulle aurait dit : 'Voilà la position de la France', il aurait peut-être créé une épreuve de force. La situation n'aurait pas été celle d'un accommodement perpétuel, où l'on fait croire qu'on est d'accord sur tout et où l'on chuchote : 'Ceci est notre position' ", a raillé le candidat centriste.
Pour le patron du MoDem, ce choix du président de la République ne peut secomprendre que parce qu'il "a peur que le parapluie allemand ne disparaisse au dessus du triple A français". Et d'ajouter : "C'est tactique, mais pas stratégique. Ce ne sont pas des affaires pour les experts mais pour les peuples, car ce sont eux qui vont devoir payer." "La disparition de l'euro serait un drame qui nous payerions en larmes de sang", a poursuivi M. Bayrou, estimant que "le scénario a déjà été vécu en Argentine. Cela nous obligerait à rembourser en monnaie faible une dette libellée en monnaie forte".
Pierre Jaxel-Truer
Présidentielle 2012: François Bayrou en appelle à Schröder et de Gaulle
Créé le 30/11/2011 à 17h46 -- Mis à jour le 30/11/2011 à 17h46
Euro: François Bayrou dénonce la «faute stratégique» de Nicolas Sarkozy
Mis à jour le 30.11.11 à 15h36
Le président de la République Nicolas Sarkozy "se trompe de stratégie" pour résoudre la crise de la zone euro et devrait faire valoir la position de la France face aux réserves de l'Allemagne sur l'intervention de laBanque centrale européenne (BCE), a estimé mercredi François Bayrou.
Pour le président du Mouvement Démocrate, qui officialisera la semaine prochaine sa troisième candidature à l'élection présidentielle, le président français protège le "triple A" de la France sous "le parapluie" allemand.
>> Lire ici notre article: la bataille du centre a commencé
"J'ai dit à Nicolas Sarkozy lors de rencontres récentes, il y a quelques semaines, que je ne comprenais pas pourquoi il laissait son pays, les opinions publiques européennes, dans l'ignorance de ce qu'était la proposition réelle de la France", a dit François Bayrou lors d'une conférence de presse consacrée à son programme pour la période 2012-2020.
"Si le général de Gaulle avait eu à affronter une crise de cet ordre, c'est très simple, il aurait donné une conférence de presse et il aurait dit 'Mesdames et Messieurs, voilà la position de la France'", a-t-il insisté.
Besoin d'une intervention plus précoce
"Il l'aurait défendue en termes compréhensibles par tous, il aurait créé peut-être une confrontation, pour ne pas dire une épreuve de force, mais en tout cas, la situation n'aurait pas été celle d'un accommodement perpétuel où, à chaque conférence de presse, on fait croire qu'on est d'accord sur tout, alors qu'à voix basse, on chuchote 'ce n'est pas notre position'", a-t-il poursuivi, évoquant les divergences franco-allemandes.
"Je pense que Nicolas Sarkozy se trompe de stratégie", a-t-il dit, jugeant que le chef de l'Etat avait "choisi d'avoir la position la plus étroitement jumelée avec l'Allemagne de peur que le parapluie allemand ne disparaisse au-dessus du triple A français". "C'est tactique, mais ce n'est pas stratégique".
Pour François Bayrou, ce sont "les faits" qui dicteront à la chancelière allemande, Angela Merkel, d'infléchir sa politique.
"Dégâts considérables"
"La Banque centrale européenne interviendra parce que personne ne peut laisser s'effondrer le système bancaire, le système monétaire européens", a assuré le président du MoDem.
"Mais au lieu d'intervenir au début comme elle aurait dû - ça n'aurait pas coûté cher et ça aurait sécurisé l'ensemble de la zone (...) - , on interviendra à la fin, trop tard, avec des dégâts considérables, et ça coâtera très cher", a-t-il conclu.
La France et l'Allemagne travaillent à des propositions communes, d'ici le Conseil européen du 9 décembre, en vue d'une révision du Pacte de stabilité et de croissance de la zone euro afin de renforcer la discipline budgétaire des Etats membres.
Présidentielle: Bayrou officialisera sa candidature le 7 décembre

Le président du MoDem, François Bayrou, officialisera sa déclaration de candidature à la présidentielle le 7 décembre dans un message aux Français, a annoncé mardi à l'AFP la vice-présidente du MoDem Marielle de Sarnez.
Il s'exprimera à 16H30 à l'hôtel Lutetia, dans le VIe arrondissement de Paris.
Le troisième homme de la présidentielle de 2007 avait annoncé sa candidature jeudi dernier sur TF1.
M. Bayrou avait répondu sans détour "oui" à la question: "Avez-vous décidé d'être candidat pour 2012". Un simple "oui", à la manière de François Mitterrand en 1988.
Le leader centriste, qui se présentera à l'élection reine pour la troisième fois après 2002 (6,84%) et 2007, où il avait créé la surprise en totalisant près 18,57% des voix, avait précisé à l'AFP qu'il officialiserait sa déclaration en s'adressant aux Français, dans "la semaine du 5 décembre à Paris", mais sans préciser la date.
François Bayrou participera également le 8 décembre à l'émission de France 2 "Des paroles et des actes". Il tiendra sa première réunion publique de campagne le samedi suivant à Pau, dans son fief béarnais, autour d'un repas.
Le patron du MoDem aura auparavant présenté, mercredi, au siège du MoDem son "agenda 2012-2020", qui entend donner aux Français "une vision claire des priorités" et des mesures à prendre en urgence, à moyen terme (dans les 2 à 3 ans) et à long terme (entre cinq et dix ans) pour redresser la France.
Cet agenda s'inspire de l'agenda 2012 que le chancelier socialiste allemand Gerhard Schröder avait proposé, contenant un ensemble de réformes structurelles pour permettre à son pays de renouer avec la croissance.
Dans ce cadre, le leader centriste organisera entre le 2 janvier et le 2 février quatre forums publics sur les thèmes du redressement du pays, d'un nouveau contrat social, d'un nouveau contrat démocratique et d'un nouveau contrat pour l'Europe, dont les conclusions, qui alimenteront l'agenda, devraient être connues fin février-début mars.
Mercredi 30 novembre, le président du MoDem s'exprimera également sur la question de la crise européenne et sur la crise de la zone euro, a précisé Mme de Sarnez.
François Bayrou : «Nous allons au combat pour être au second tour»

Le président du MoDem sera candidat à la présidentielle. Il renvoie dos à dos Sarkozy et Hollande. Le premier pour ses « échecs et insuffisances », le second pour un programme lesté, selon lui, de mesures irréalisables.
Vous voilà donc candidat…
François Bayrou. La France a un besoin vital de trouver une démarche politique nouvelle.
J’entrerai en campagne par un message aux Français entre le 5 et le 8 décembre à Paris et je tiendrai un meeting festif, chez moi, à Pau le week-end suivant. Autour de moi, des personnalités d’horizons différents se retrouvent, d’autres qui s’étaient éloignées reviennent. Nous allons au combat pour être au second tour et l’emporter, sans manœuvres, ni compromissions.
C’est la troisième fois. Comment vous renouveler ?
Les choses sont plus claires aujourd’hui. Tout le monde sait que, pour nous, l’indépendance n’est pas un vain mot : le centre existe par lui-même, il peut s’adresser à tous les Français, pas seulement à un camp. Ensuite, la situation du pays montre que j’avais raison en 2007 en avertissant du drame qui se préparait à coups de déficit et de dettes accumulées. Enfin, tout le monde sent qu’il va falloir, pour en sortir, trouver une nouvelle approche politique et accepter, pour gouverner la France en cette période exceptionnelle, un esprit d’union nationale. Je pense être le seul à porter légitimement une telle démarche devant les Français.
Vous visez Hervé Morin, qui déclare aujourd’hui sa candidature ?
Le président de son groupe à l’Assemblée (NDLR : Yvan Lachaud) a déclaré que son parti avait choisi la réélection de… Nicolas Sarkozy! Tout est dit.
Etre au second tour, n’est-ce pas irréaliste ?
Les candidats UMP et PS sont favoris, mais correspondent-ils à ce que les Français attendent d’un président? Cela, c’est la campagne qui le dira…
Sarkozy et Hollande sont-ils vos principaux adversaires ?
Ils ne correspondent, ni l’un ni l’autre, aux exigences de l’heure : Nicolas Sarkozy a fait marche arrière sur toutes ses décisions. C’est donc qu’il s’était trompé sur l’essentiel. Y a-t-il un seul Français qui puisse dire que sur un seul sujet la situation du pays depuis cinq ans s’est améliorée? Même sur les thèmes qu’il avait mis en avant : pouvoir d’achat, croissance, sécurité, immigration, il n’y a eu aucun progrès, au contraire. Il n’a jamais voulu concilier effort et justice. Le climat de confrontation violente qu’il a fait régner est très malsain. De l’autre côté, François Hollande s’est mis deux boulets au pied. D’abord en votant le projet insoutenable du PS : ni les 300000 emplois jeunes, ni l’allocation pour étudiants, ni les 60000 postes dans l’Education, ni le retour à la retraite à 60 ans ne seront possibles. Ensuite, en engageant sur l’avenir du pays une négociation d’appareil avec les Verts, qui, dans sa forme, met à mal la démocratie directe de l’élection présidentielle et qui est sur le fond déraisonnable.
Que voulez-vous dire ?
Décréter sur un coin de table le nombre de réacteurs nucléaires qu’on va fermer d’ici 2025 est insensé. Car, ou il y a danger majeur et on ferme tout. Ou ce n’est pas le cas, et on prend le temps de réfléchir. Y ajouter, sans le dire à personne, l’engagement de supprimer le droit de veto au Conseil de sécurité des Nations unies, c’est encore plus grave. Car là est le signe que la France est une puissance morale qui par sa seule voix peut empêcher qu’une action injuste soit protégée par le droit international. C’est grâce à ce droit que Chirac a pu s’opposer à ce que la guerre en Irak soit une action de l’ONU qui nous aurait engagés. Nous portons ce veto non seulement pour nos intérêts nationaux, mais en protecteurs de la démocratie dans le monde.
Quel est votre plan antidette ?
D’abord, s’attaquer aux causes. Pourquoi empruntons-nous pour boucler nos fins de mois? La raison en est que la France ne produit plus sur son sol de quoi satisfaire ses besoins. 75 Mds€ s’en vont chaque année soutenir les économies voisines, affaiblissant ainsi l’emploi et le pouvoir d’achat. Produire de nouveau en France et y consacrer toutes nos énergies, voilà le seul chemin pour en sortir.
Avec la même monnaie, pourquoi les Allemands s’en tirent-ils mieux ?
Ils continuent à produire haut de gamme. La bataille ne peut être gagnée qu’en retrouvant la force de la marque France.
Perdre le triple A serait-il si grave ?
Poser la question, c’est la preuve que tout le monde s’habitue à cette issue! La sanction de nos déséquilibres est inéluctable. En 2005, la France et l’Allemagne ont décidé de ne plus respecter le pacte de stabilité. Chirac était alors président et Sarkozy ministre de l’Economie. Le péché originel est là ! On en paie le prix aujourd’hui.
Vous en appelez à une nouvelle démarche politique ? Laquelle ?
Il faut un gouvernement dont l’esprit soit d’union nationale. Les forces politiques qui se sont succédé au pouvoir devront accepter de regarder la situation avec lucidité et prendre, sans renier ce qu’elles sont, leur part de l’effort de redressement.
Un gouvernement d’experts comme en Italie ?
Je ne crois pas aux gouvernements d’experts. Un gouvernement doit avoir une légitimité confiée par les citoyens.
Les politiques ont-ils baissé les bras face aux marchés ?
Les marchés ne font que sanctionner l’incurie des politiques. Ce sont les Etats qui ont décidé de dépenser plus qu’ils ne le pouvaient. Leur responsabilité est entière.
Faut-il autoriser la Commission européenne à superviser les budgets des Etats ?
Les peuples n’accepteront jamais que des personnalités non élues s’instaurent en décideurs depuis Bruxelles. Mais on doit et on peut accepter une coresponsabilité.
Les positions prises à Strasbourg par Merkel et Sarkozy vont-elles dans le bon sens ?
Refuser de mettre au point un mécanisme de sécurité pour la dette des Etats de la zone euro est une imprudence qui se paiera au prix fort. L’Europe aurait dû apparaître comme une place forte. Là , on attend que le feu ait envahi la maison! Si j’avais été en situation de responsabilité, jamais je n’aurais accepté que le FMI soit appelé en Europe. Et on s’est doublement humilié en appelant la Chine à l’aide et en essuyant son refus.
Faut-il accorder le droit de vote aux étrangers pour les élections locales ?
J’y suis favorable lorsqu’ils sont là depuis dix ans, en situation régulière, paient leurs impôts. Un citoyen roumain présent en France depuis six mois, sans implantation, peut voter pour le maire, alors qu’un citoyen marocain travaillant chez nous depuis trente ans ne peut pas. Est-ce logique ?
François Bayrou confirme sa candidature en 2012
François Bayrou, président du MoDem. Crédits photo : FRED DUFOUR/AFP
VIDÉO - Le leader centriste a fustigé «l'incroyable légèreté» de l'accord entre le PS et les Verts en relevant la proposition de supprimer le droit de veto à l'ONU, «la seule arme qui permette à la France d'être au rang des puissances majeures».
Le doute était infime, François Bayrou l'a levé. «Oui, je serai candidat à l'élection présidentielle», a annoncé jeudi soir le président du MoDem sur TF1 en précisant toutefois qu'il officialiserait son entrée dans la course élyséenne dans la semaine du 5 décembre. En se déclarant candidat, François Bayrou met en tout cas un terme au faux suspens qu'il entretenait depuis des mois. Fin août 2011, il assurait déjà : «Je serai candidat à l'élection présidentielle, simplement le moment n'est pas venu.» C'est désormais le cas. «Il faut absolument que le pays reparte sur des bases nouvelles et (…) il est impossible qu'on continue comme ça pendant cinq ans», a-t-il expliqué, avant de s'en prendre tant à Nicolas Sarkozy qu'à François Hollande, mais en insistant plus sur ce dernier. Qualifiant à nouveau les premières pistes du programme du candidat socialiste d'«impossible» et d'«insoutenable», François Bayrou l'a assuré: «On ne fera pas 300.000 emplois jeunes sur fonds publics, on ne créera pas 60.000 à 70.000 postes d'enseignants, on ne fera pas une allocation générale d'autonomie pour les étudiants, on ne reviendra pas à la retraite à 60 ans. Tout cela ne se fera pas, ne pourra pas se faire.» Mais c'est à l'accord signé entre le PS et Europe Écologie-Les Verts que le leader centriste a réservé ses critiques les plus acerbes, notamment sur la question de l'ONU. «Cet accord prévoit la suppression du droit de veto au Conseil de sécurité des Nations unies », a relevé Bayrou. Il fait là référence à la première partie du texte signé par les socialistes et les écologistes où l'on peut lire, dans le troisième paragraphe titré «Promouvoir un multilatéralisme rénové et durable», la phrase suivante: «La France fera des propositions précises pour réformer et démocratiser l'ONU afin qu'elle structure un ordre juridique et normatif global: siège européen, suppression du droit de veto (…).»
À la traîne dans les sondages
Pour François Bayrou, «la seule arme qui permette encore à la France d'être encore au rang des puissances majeures, cette arme-là , on la supprime, on la gomme. Ce qui veut dire que la France n'aurait pas pu s'opposer à la guerre d'Irak». Sans parler d'amateurisme, il a tout de même au passage fustigé les négociations entre les socialistes et les écolos. «C'est d'une incroyable légèreté que de faire cela sur un coin de table sans le dire à personne, entre deux négociateurs dont l'expérience a montré qu'ils ne savaient pas toujours ce qu'ils écrivaient», a-t-il ajouté.
Pour l'instant à la traîne dans les sondages, François Bayrou veut croire qu'il parviendra cette fois au second tour de l'élection présidentielle pour sa troisième candidature. En 2002, il n'avait récolté que 6,84% des voix, mais en 2007, il avait créé la surprise en enregistrant un score de 18,57%. Durant cette campagne, il avait été le seul à évoquer la question de la dette et de la dégradation des comptes publics.
L'un des prochains grands rendez-vous de François Bayrou sera la publication d'un «agenda 2020» qui, à l'image de «l'agenda 2010» de l'ex-chancelier social-démocrate allemand Gerhard Schröder, présentera le calendrier des réformes structurelles qu'il estime nécessaires pour que le pays renoue avec la croissance.

Le pouvoir du droit de véto à l'ONU
Chacun des membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies bénéficie d'un droit de veto: c'est la règle de «l'unanimité des grandes puissances». Le non d'une seule d'entre elles (France, États-Unis, Grande-Bretagne, Russie, Chine) suffit à bloquer toute résolution. Pour exprimer un désaccord, sans empêcher une décision, elles peuvent se contenter de s'abstenir. La France utilise ce droit avec parcimonie: 18 fois depuis 1945 (contre 124 pour la Russie), la dernière en décembre 1989 pour s'opposer à une demande de retrait des troupes américaines après leur invasion de Panama.
Bayrou et l'UMP attaquent le PS et les Verts sur leur réforme de l'ONU
LEMONDE.FR | 25.11.11 | 10h30 • Mis à jour le 25.11.11 | 12h27
L'affaire était passée relativement inaperçue. Mais François Bayrou l'a remise au goût du jour en l'évoquant, jeudi 24 octobre sur TF1. Un point de l'accord signé dans la douleur entre Europe écologie-les Verts (EELV) et le parti socialiste (lire l'intégralité ici) provoque une montée de critiques, qui accusent les deux formations de vouloir "brader" le siège de la France au Conseil de sécurité de l'ONU.
C'est Claude Guéant qui a, le premier, soulevé l'affaire. Dans un entretien à l'AFP, mercredi 23 novembre, le ministre de l'intérieur expliquait avoir "découvert une phrase de l'accord entre les Verts et les socialistes tout à fait étonnante puisque les deux partis, donc M. Hollande, proposent qu'au Conseil de sécurité [de l'ONU], ce soit désormais un représentant de l'Union européenne qui siège et que, par conséquent, la France n'y siège plus".
Pour M. Guéant, cette découverte était le signe que François Hollande "propose d'organiser l'abaissement de la France dans les instances internationales". Une accusation reprise par François Bayrou, qui juge "infiniment troublant" que l'on veuille gommer "la seule arme qui permette encore à la France d'être au rang des puissances majeures", mais aussi par Jean-Pierre Chevènement, qui a expliqué jeudi à Toulouse : "Quand je lis le texte de l'accord PS-Verts, je sursaute sur beaucoup de points, par exemple l'européanisation du siège permanent de la France à l'ONU ; ça ne tient pas debout".
UN ENGAGEMENT... À PROPOSER UNE RÉFORME
Le ministre de l'intérieur a pourtant quelque peu exagéré. La phrase en question, qu'on retrouve au point numéro 3 de l'accord entre Verts et PS, est en effet plutôt vague. Située au milieu d'un chapitre sur les propositions en matière de relations internationales, elle stipule que "la France fera des propositions précises pourréformer et démocratiser l'ONU afin qu'elle structure un ordre juridique et normatif global : siège européen, suppression du droit de véto, meilleure représentativité des pays du Sud au sein du Conseil de Sécurité, renforcement du rôle des ONG".
En résumé, l'accord entre Verts et PS envisage que Paris dépose auprès de l'ONU des propositions de réforme incluant un "siège européen" et une "suppression du droit de véto" d'un pays au Conseil de sécurité de l'ONU.
Ce conseil, instance de décision de l'organisation internationale, compte 15 membres, donc cinq permanents : Etats-Unis, Russie, Chine, France, Grande-Bretagne. Chacun d'entre eux dispose d'un droit de véto, qui lui permet de bloquerl'adoption d'une résolution.
Les Verts jugent ce droit de véto accordé à quelques puissance injuste, et souhaitent en proposer l'abrogation. L'accord reprend en outre une proposition portée depuis longtemps par les euro-enthousiastes : celle d'un siège européen au conseil de sécurité. Il ne précise en revanche pas, comme l'extrapole M. Guéant, que la France ne siégerait plus au Conseil.
RÉFORMER L'ONU, UN CHEMIN DE CROIX
Dans tous les cas, une réforme de l'ONU est plus facile à proposer qu'à mettre en place : plusieurs projets sont en cours depuis quelques années. La France et le Royaume-Uni proposent ainsi un élargissement des membres permanents du conseil de Sécurité à l'Allemagne, au Brésil, à L'Inde et au Japon. Ils souhaitent également que, parmi les 10 autres membres temporaires puissent figurer de manière plus importante les pays arabes et africains.
Mais réformer l'ONU suppose, selon l'article 108 de la charte des Nations-Unies, deréunir une conférence générale de tous les pays membres, puis d'obtenir un vote à la majorité des deux tiers de l'Assemblée générale des nations-unies, et enfin un vote de neuf membres du Conseil de sécurité. Il faut ensuite la ratification des deux tiers des pays membres, dont tous les membres permanents. Un véritable chemin de croix, comme l'a d'ailleurs déploré à plusieurs reprises Nicolas Sarkozy, évoquant, le 27 juin 2010, une réfome "bloquée depuis 20 ans".
L'une des porte-parole de François Hollande, Delphine Batho, avait jugé mercredi que "la polémique n'a pas lieu d'être, la France garde son siège et son droit de veto au conseil de sécurité". Elle rappelait que le passage de l'accord PS/EELV incriminé par M. Guéant était une proposition relative à une réforme de l'ONU et qu'il ne s'agissait pas de renoncer unilatéralement à quoi que ce soit.
L'idée d'un siège européen à l'ONU est portée depuis plusieurs années. L'Allemagne souhaiterait que l'Europe essaye déjà de parler d'une même voix au sein du Conseil de sécurité, rappellait récemment l'hebdomadaire Der Spiegel, cité par le quotidien italien La Stampa. Berlin souhaiterait que lorsqu'un Etat européen accède, pour deux ans, au Conseil de sécurité (hors des membres permanents, donc), il accueille des fonctionnaires européens dans sa délégation.
Vendredi 24 novembre, Cécile Duflot a assumé la position d'EELV dans cet accord, expliquant sur BFM TV: "Il est normal de considérer qu'il devrait y avoir une place prépondérante de l'Europe, il devrait y avoir au niveau fédéral des positions européennes portées sur la politique internationale. Ce serait bien plus utile que cet anachronique droit de véto de la France qu'elle n'ose plus utiliser".
La polémique risque de durer. Vendredi 24 novembre, Jean-François Copé a publié un communiqué fustigeant l'accord et estimant que "François Hollande s'apprête à brader l'un des autres fondamentaux de notre indépendance qui pourtant faisait consensus, à droite comme à gauche".
Samuel Laurent
«Hollande parle comme si c’était fait»
INTERVIEWFrançois Bayrou, le président du Modem, s’élancera début décembre dans la course à l’Elysée et attaque le candidat socialiste :
Francois Bayrou lors de l'université d'été du Modem, le 18 septembre 2011 à Giens. (Jean-Paul Pelissier / Reuters)
François Bayrou se dit plus «serein» que jamais. Etonnament stable dans les sondages, le leader centriste se prépare à annoncer officiellement sa candidature début décembre.
Candidat non déclaré ou candidat déclaré, est-ce si différent ?
La dimension symbolique est très importante. Au moment où vous dites «je suis candidat», vous commencez à dire l’essentiel de ce que vous portez. A partir de cet instant, les Français regardent ce que vous êtes et écoutent ce que vous dites. Si l’on pense que l’événement a ce poids, il faut lui donner toute sa gravité.
Quand sera-t-il temps ?
Le bon moment, c’est avant les fêtes de fin d’année. Ce sera donc dans les quinze premiers jours de décembre.
Comment jugez-vous l’entrée en campagne de François Hollande ?
Il commence à avoir du mal parce qu’il n’est plus jugé en comparaison avec ses rivaux du PS mais en lui-même. La primaire ne résout pas tout. Elle donne l’impression que la campagne est terminée alors qu’elle n’a pas commencé. «Je ne suis pas un contre-président. Je suis le prochain»,déclare Hollande. Il parle comme si c’était fait. Or ce n’est pas fait ! Le programme du PS, qu’il a accepté, est insoutenable sur plusieurs points : 300 000 emplois-jeunes, 70 000 postes d’enseignant, allocation générale d’autonomie pour les étudiants, retraite à 60 ans. Quant à l’accord PS-Verts sur le nucléaire et le partage des circonscriptions, il est déplacé. Quand on traite de l’avenir d’un pays, on ne le fait pas avec des délégations d’appareil, sur un coin de table. D’un président, les Français attendent qu’il propose sa vision, non qu’il la négocie.
Beaucoup de gens sérieux pensent, comme les écologistes, que la planète n’a pas vocation à se couvrir de centrales nucléaires toute la journée…
Qui peut nier que le nucléaire soit une industrie porteuse de risques ? Il y a deux questions qu’un responsable politique doit se poser. La première est celle du disjoncteur : est-on certain, en cas d’accident, de pouvoir interrompre instantanément la réaction nucléaire et de poursuivre le refroidissement ? La seconde concerne le retraitement et le confinement des déchets : avons-nous un scénario crédible qui se pense en termes de quelques générations et pas de milliers d’années ? Si nous savons répondre à ces deux questions, le nucléaire peut servir de transition vers la période où des énergies sans nuisances pourront s’imposer efficacement, ce qui doit être le but de l’humanité. Après un débat national - avec les scientifiques, les industriels, les écologistes -, le Parlement ou le peuple décidera. C’est la démocratie. Mais sachons énoncer des priorités : la question prioritaire reste la lutte contre le réchauffement de la planète, donc la question des gaz à effet de serre, donc la question du carbone fossile qui représente en France quelque 80% de nos sources d’énergie.
N’aurez-vous pas besoin, vous aussi, de nouer des alliances pour avoir un groupe parlementaire ?
Au contraire des autres, nous ne voulons pas nous inféoder. Notre campagne appellera à un large regroupement politique, au centre de la vie politique française. Le Modem a joué un rôle essentiel, car il a introduit dans la génétique du centre la nécessité de l’indépendance. Le centre, autrefois, n’était qu’un supplétif de la droite. Le Modem a changé cela. Le gène de l’indépendance va pouvoir se répandre dans ce grand courant en train de se former.
Vous espérez des ralliements ?
Pas des ralliements : un regroupement, dans lequel chacun sera respecté avec son parcours. Des personnalités nombreuses, qui ont l’expérience et le niveau gouvernemental - comme Jean Arthuis, Alain Lambert, Daniel Garrigue - ou qui s’étaient éloignées de la politique - comme Bernard Bosson, Anne-Marie Idrac ou Dominique Versini -, se sont engagées dans le même sens. D’autres viendront, d’horizons divers de la société civile, rejoindre les Jean-Luc Bennahmias ou Yann Wehrling.
Et Pierre Méhaignerie ? Et les centristes de l’UMP ?
Méhaignerie et moi sommes amis. A lui de trancher s’il reste à l’UMP. Beaucoup pensent que l’UMP éclatera après l’élection présidentielle et qu’il sera alors temps de nous rejoindre. Moi, je leur dis : ce n’est pas après, c’est avant que tout cela se joue. Ils réfléchissent. Un œil sur leur désir profond et leurs valeurs, un œil sur les sondages…
Vous ne décollez pas dans les sondages…
Je suis entre 7% et 9%, c’est plus que quand j’ai commencé en 2006. Et je progresse beaucoup dans les enquêtes qu’on nomme «précurseurs», sur la bonne opinion, la cote d’avenir, etc. Mais je veux vous dire ceci : ma conviction sur l’avenir du pays ne dépend d’aucun sondage, et elle rencontrera la conviction profonde des Français.
Quel regard portez-vous sur l’aventure d’Hervé Morin ?
L’élection présidentielle est uniquement une question de crédibilité.
Augmenter les impôts avec le PS et baisser les dépenses avec l’UMP. Est-ce que cela résume votre programme ?
La formule est drôle. Il est vrai qu’on ne s’en sortira pas en baissant seulement les dépenses ou en augmentant uniquement les impôts. Je m’honore de l’avoir dit dès 2007 devant les Français, sans ambiguïté. Aujourd’hui, il n’y a plus de choix. Nous avons sur les épaules 1 700 à 1 800 milliards de dettes. Les Italiens en sont à 1 900 milliards, mais ils n’ont pas notre déficit du commerce extérieur ! Pendant des années, d’éminents économistes de gauche disaient : le débat sur le déficit est absurde, un pays ne peut faire faillite. Que ne s’expriment-ils aujourd’hui sur la Grèce, sur l’Italie ou sur ce qui peut se passer en France !
Soutenez-vous Nicolas Sarkozy dans son bras de fer avec Angela Merkel sur la Banque centrale européenne ?
Y a-t-il vraiment bras de fer ? J’aurais voulu qu’il le livre dès la première minute. J’ai défendu cette idée il y a dix-huit mois : que la BCE soit assureur en dernier ressort de la dette des Etats membres de la zone euro. Cela aurait coûté infiniment moins cher que les hésitations et les palinodies auxquelles nous avons assisté. Si j’avais été en situation de responsabilité, je me serais battu bec et ongles pour que le FMI n’entre pas dans la zone euro, pour qu’on n’en vienne pas à ce pathétique appel à la Chine pour financer le Fonds européen de stabilité financière. Si nos amis Allemands n’étaient pas de cet avis, il fallait se mettre d’emblée en confrontation avec eux. Je leur aurais rappelé que, pour financer la réunification de l’Allemagne, nous avions accepté que nos taux d’intérêts montent à 12% ou 14%. Nicolas Sarkozy aurait pu rappeler cette solidarité, y compris à la télévision allemande, au lieu d’exprimer, après coup, son désaccord, d’une voix chuchotée. De Gaulle aurait-il agi ainsi ? Personne n’ignorait alors sa vision de l’intérêt supérieur de la France.
Que proposez-vous pour la gouvernance de l’Europe ?
Il y a une totale illisibilité des institutions européennes. Une armée de présidents, tous aussi inaudibles les uns que les autres. C’est le contraire de la démocratie et de l’efficacité. Je plaide depuis 1999 pour l’élection au suffrage universel d’un président qui coordonnera le Conseil et aura autorité sur la Commission. Pour qu’il y ait un visage connu de l’opinion. La solidarité exige aussi de solides mécanismes de convergence, autour de la BCE. Parallèlement, rendons aux Etats membres de l’autorité dans les domaines qui ne sont pas centraux, selon le principe de subsidiarité.
Arnaud Montebourg parle de «démondialiser» et vous de relocaliser, vous êtes sur la même ligne ?
Pas du tout. Je parle de reconquérir la production. L’idée qu’il faudrait s’en remettre au protectionnisme est un leurre. Avec la même monnaie et un coût du travail comparable, les Allemands ont conservé et même parfois déployé leur industrie et leur production agricole. Et nous, nous sommes en capilotade. Pourquoi ? Les causes sont chez nous. Ce n’est pas du tout «la faute des autres» comme le soutiennent Montebourg et Mélenchon.
Quels moyens met-on en œuvre pour reconquérir la production industrielle ?
Un, il faut en faire un sujet d’obsession nationale, parce que beaucoup se joue dans la mobilisation des peuples. Deux, il faut lever les obstacles au sein des entreprises, avec une adaptation du droit du travail, et y bâtir un nouveau pacte social. Trois, il faut offrir aux petites et moyennes entreprises le soutien technologique et commercial des très grandes entreprises. Enfin, Il faut travailler avec force sur l’image de marque du pays qui, actuellement, n’est pas celle que nous méritons, et inviter le consommateur français à s’engager dans le combat du «produire en France».
Etes-vous pour une TVA sociale ?
Autour de moi beaucoup de gens y sont favorables. Pour l’instant, ils ne m’ont pas complètement convaincu. Le pays est-il prêt à accepter le relèvement de plusieurs points de TVA ? Mais le débat continue.
Que pensez-vous du mouvement qui, en Europe, voit apparaître des gouvernements d’union nationale ?
Vous me donnerez acte que j’ai été le premier à dire que c’était la seule sortie possible pour des pays en crise.
Cette majorité centrale que vous appelez de vos vœux en 2012, ne pourriez-vous pas l’animer depuis Matignon, à défaut d’être élu président de la République ?
Elle ne se mettra en œuvre harmonieusement qu’à partir de l’élection d’un président de la République qui ne soit pas l’homme d’un clan. Pour bâtir cette majorité nouvelle, il faudra un président impartial. Et une volonté de dire la vérité au pays. Je suis le seul depuis des années à avoir décrit aux Français l’enchaînement des événements conduisant à cette nécessité. Droite et gauche s’en moquaient. Le chemin dans lequel se sont engagés l’UMP et le PS est hélas contraire à ce grand choix national.
Mais de quelle majorité pourriez-vous disposer à l’Assemblée nationale ?
Nicolas Sarkozy va venir avec sa majorité de droite, même si comme à l’habitude ses discours seront truffés de références à Jaurès, Gambetta ou, tant qu’on y est, Trotski. François Hollande porte une majorité dite de gauche. Fragile et disparate, comme on le voit tous les jours. Je dis qu’il faudra associer toutes les forces capables de reconnaître que les problèmes sont chez nous et qu’il faut donc les régler chez nous. Il y a beaucoup d’hommes et de femmes de bonne volonté pour s’accorder sur cette nécessité.
Ce qui suppose une sorte de big-bang politique ?
Oui. Et un big-bang institutionnel assez simple à faire. Parce qu’il n’y a rien d’autre à changer que d’avoir une loi électorale plus juste, avec une dose de proportionnelle importante, comme en Allemagne.
Vous avez annoncé que cette fois vous prendriez vos responsabilités entre les deux tours…
Tout candidat qui va à l’élection présidentielle en disant au deuxième tour «je me désisterai pour un tel» est effacé du jeu. Nous en discuterons, le moment venu, entre nous, et pourquoi pas de manière publique.
Photo Jérôme Bonnet
Nous reportons ci-après l'article présent sur le site de Jean Luc Bennahmias suite à sa venue en pays Grand Combien.
http://www.jeanlucbennahmias.eu/visite-de-jean-luc-bennahmias-au-pays-grand-ales-et-cevennes-gard
Visite de Jean-Luc Bennahmias au Pays Grand-Alès et Cévennes (Gard).
Malgré une alerte météo aux intempéries, Jean-Luc Bennahmias a tenu à maintenir sa visite en pays grand-combien, le 05 Novembre, près d’Alès dans le Gard.
Une visite de terrain ayant pour thème le développement durable et le devenir économique des zones économiquement sinistrées comme la Grand Combe. Jean-Luc Bennahmias s’est rendu dans les locaux d’une entreprise artisanale de menuiseries qui a misé sur le développement durable et la production locale: une des seules possibilités avec le tourisme pour ces secteurs géographiques de renouer avec l’espoir d’une amélioration de la situation économique.
Le Député Européen s’est ensuite rendu sur le site de l’Habitarelle, ce site est tristement célèbre du fait de la présence de déchets industriels qui y sont stockés, provenant du site nucléaire de Tricastin, situé dans la basse vallée du Rhône. Jean-Luc Bennahmias a dénoncé l’inertie des pouvoirs publics et a estimé que c’était à la Préfecture de prendre ses responsabilités.
La visite du Château de Portes a permis d’apprécier la richesse du patrimoine Cévenol, Jean-Luc Bennahamias a tenu à saluer le travail remarquable réalisé par l’Association « Renaissance du Château de Portes » depuis près de 40 ans, avec l’aide de la Mairie de Portes et des collectivités territoriales.
De retour à la Grand-Combe, dans les locaux de l’association du Réveil Grand-Combien, Jean-Luc Bennahmias lors d’une conférence de presse a tenu a rappeler les trois problèmes ou défis majeurs du pays Grand-Combien :
- le Développement Durable, et ce d’autant plus pour un site inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’humanité
- l’importance majeure de l’Artisanat pour développer l’activité économique et pérenniser les emplois,
- le développement du patrimoine touristique constituant également un atout majeur pour ce pays économiquement sinistré.
Lors de la réunion publique se tenant à Alès, en tant que Vice Président National du Mouvement Démocrate, il a accepté avec plaisir et enthousiasme de parrainer la création de la section Mouvement Démocrate « Grand-Alès et Cévennes », avant d’aborder les grands sujets d’actualité ainsi que les orientations de notre Mouvement pour la prochaine campagne électorale.
Merci à Elisabeth AIT AMARA pour son compte-rendu et ses photos!
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Juin 2012 |
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